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Le temps des soldes n’est pas encore arrivé

Les ventes de propriétés résidentielles ont baissé de 1 % au cours de l’été à travers le Canada. Pour l’instant, les prix restent stables dans certaines régions alors qu’ils continuent de grimper dans d’autres. Les acheteurs n’ont pas encore accès à de grandes ventes de liquidation.



Ahmed Benothmane

Courtier immobilier



Les ventes résidentielles nationales sont en légère baisse de 1 % en août 2022, indiquent les nouvelles statistiques publiées par l’Association canadienne de l’immobilier (ACI), tandis que le nombre de propriétés nouvellement inscrites a chuté de 5,4 %, sauf à Montréal, où les nouvelles inscriptions n’ont presque pas bougé de juillet à août.

Au Québec, il s’est vendu 6406 propriétés en juillet et 5929 en août. Quand on compare sur une année, d’août 2021 à août 2022, les ventes ont chuté de 15 %.

« Ce n’est pas facile de tirer de conclusion avec le mois d’août. Traditionnellement, la tendance est à la baisse des inscriptions en vigueur », explique au téléphone Charles Brant, directeur du service de l’analyse du marché à l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).


« Il est possible que le mois d’août n’ait pas été très représentatif ou ait un peu exagéré la tendance, poursuit-il. On va voir ce qui va se passer en septembre. Peut-être que le marché va se stabiliser un peu en septembre avant de continuer à décroître au cours des prochains mois sur le plan des ventes et des prix. »

Pas de solde pour l’instant

En comparant les prix enregistrés en août 2021 à ceux d’août 2022, on observe une hausse de 9 % des prix des maisons unifamiliales au Québec. Cette hausse est attribuable au pic des prix enregistrés en mai alors que les acheteurs voulaient acquérir une propriété avant la hausse des taux d’intérêt et avant le premier juillet.

Si, en 2021, la hausse des prix s’élevait à 18,9 %, l’ACI envisage pour 2022 une hausse de 16,8 % et une légère augmentation de 0,5 % en 2023.

« Tous les gains enregistrés depuis le début de l’année jusqu’au pic de mai ont plus ou moins été effacés à Montréal, constate Charles Brant, de l’APCIQ. Si on compare avec le début de l’année, on est quasiment à point égal. »

Charles Brant affirme que la surenchère a atteint des sommets pendant le premier trimestre de 2022, créant une forte pression de la demande sur le marché, une forte croissance des prix, dit-il, « ce qui était quasiment spéculatif ».

Actuellement, il y a une forte baisse de la proportion de ventes conclues à la suite d’un processus de surenchère. De moins en moins de maisons se vendent plus cher que le prix affiché.

« Ça montre que l’accélération des prix est terminée et qu’éventuellement, ça ouvre la porte à plus de négociation et à plus de ventes qui se font après une offre sous conditions. On revient dans une certaine normalité. »

Le plein impact de la hausse des taux d’intérêt n’est cependant pas visible. La prochaine hausse, quoique plus modérée, devrait continuer de changer le portrait du marché.

« Le marché ne devrait pas s’écrouler, parce qu’il y a un déficit d’offre structurel, il n’y a pas assez de constructions et la santé économique des ménages est quand même assez bonne, affirme Charles Brant. Le choc de la hausse des taux pourrait être en partie encaissé. »

Une récession et une hausse du taux de chômage pourraient cependant changer la donne.


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